Au dela des interlignes

Savannah…

Elle s’appelait Savannah… Enfant illegitime … Elle savait… Oui elle savait bien ce que c’était…

Le regard perdu, sa main caressait le papier comme ses souvenirs d’un temps eloigné ne demandant qu’à être explorés…

Elle avait porté “son” enfant….

… C’était peut être pas voulu, mais c’était accepté. C’était pas la grande joie qu’elle aurait esperé… Par contre… elle ne sait trop… Au fond, ça lui fait plaisir, mais un plaisir incomparable… quelque chose de vraiment, totallement inexprimable… elle ne pense avoir jamais ressenti pareille émotion…

C’est bien domage… peut-être… peut-être que si elle avait gardé silence tout se serait bien passé. Peut-être que si elle s’était tu, si elle n’avait mis personne au courant, si même lui n’avait été au courant, peut être que cela se serait passé differemment…. mais les circonstances, ses mots à lui, ses maux à elle, tout ça… non… tout ça ne saurait se passer sans laisser de traces…

… Aujourd’hui elle aurait eu son enfant, elle aurait été mère officiellement… Pourtant aujourd’hui elle ne fait que pleurer la mort d’un inconnu pourtant si intime, pleurer un espoir déçu, un rêve gaché, une émotion perdue… elle aurait eu son enfant… “son” enfant… “leur” enfant, fruit défendu, fruit inconnu, fruit totallement caché d’un amour inavoué… mais bon … cela ne devait être…

Sa main trembla, une larme glissa et s’écrasa sur la feuille, faisant au contact de l’encre une image floue pareille à ce qu’elle ressentait. Thérapie disait-on? Mais cela ne pouvait lui faire oublier le vide… Un vide… un vide épais, lourd, écrasant… un vide qu’elle portait seule, au fil des jours, uniquement soulagé par ses quelques crises en solitaire… Ces crises silencieuses qui la prenaient en pleine nuit quand le monde semble dormir. Elle s’en remet petit à petit… le fait même de pouvoir le dire en est un signe.

Il l’avait bien prédit… Un jour elle aurait à “écrire” de lui… Un jour, ce serait plus fort qu’elle… Involontairement… Inconsciemment…

… Le papier oublié, le regard perdu, elle rêve donc d’un temps qui n’est point et jamais ne sera… le rêve d’un rêve voué à l’au dela.

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