Tête-à-tête entre moi… et moi

A un moment de son existence, à un certain carrefour, on se rend compte que la vie, SA vie, était truffée de mensonges et de faux-semblants.

Tous les prétextes étaient bons pour se justifier, surtout devant le miroir, de ces bêtises que nous prenions pour des vérités absolues. Des amours qui n’en étaient pas, mais que notre obstination maladive nous portait à nourrir. Des gestes posés par pur orgueil et même par idiotie,  mais que nous déguisions par un masque de nonchalance refusant de nous voir dans le tord. Des exploits qui n’en étaient pas, mais que nous habillions de sorte à nous donner bonne conscience. Des causes dites justes ou des envies injustifiables dont seuls nos yeux aveugles pouvaient déceler une beauté ô combien discutable. Des crises ignominieuses, des colères dévastatrices! et pourquoi?! Pour des chimères que notre libre arbitre dénaturé nous portait à considérer comme primordiales.

Oui! Il est un jour où “fuir” prend une toute autre signification, où “se cacher” prend une autre connotation. Il est de ces jours où l’ironie et le sarcasme de nos tours de passe-passe tantôt jugés des plus astucieux nous frappent en plein visage. Certains demi-mots ou demi-vérités font si mal… mais il n’y a pas pire que d’être soi même l’instigateur de sa propre chute tout en se voilant la face par de bêtes excuses et de piètres justifications.

A ce fameux carrefour donc, il n’y a plus de retour possible et les avancées semblent si troubles que même la buée la plus épaisse nous paraitrait moins dense. On avance alors à l’aveuglette, n’apprenant que fort tard et par la force des choses ces éléments de survie dont nous faisions fi au printemps de notre vie. Dans le tard, mais fort tard, nous apprenons que tout et rien dépend de chacun de nos pas posés, même sans en avoir conscience. Il faut payer le prix de chaque gourde, de chaque larme provoquée, de chaque chaine brisée par notre semblant désir de justice, de chaque bouffée d’air que notre suffisance happait à une existence trouvée indigne par notre trop plein de nous-même; de chaque cicatrice infligée… et pas qu’à autrui! Les fissures à notre moi, à notre âme, à notre essence… ces fissures là sont au plus haut prix et peuvent même nous donner l’impression de mourrir. Une certaine mort à soi, pour certains un nouveau départ et pour d’autre une fin assurée. Question de perspective!

Et c’est à ce moment là, rien qu’à ce moment là, que nous découvrons qui nous sommes vraiment, au delà du nom porté, de la famille d’origine, de notre richesse ou de notre pauvreté. A ce carrefour, le tête-à-tête ne saurait être évité, ni même retardé. A ce carrefour où notre nature est mise à nue, l’errance prend fin et enfin commence ou s’achève le vrai voyage. Encore question de perspective.

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