Au revoir

– Je voudrais que mes enfants réussissent là où j’ai échoué…
– C’est à dire…?
– Qu’ils réussissent dans tout!.
– En quoi penses tu avoir échoué

Silence

Et après tu me demanderas pourquoi je me tais, pourquoi je préfère me murer et prétendre que tu m’es indifférent, pourquoi je ne pose plus de questions, pourquoi je reste constamment dans les nuages, pourquoi mon regard est embué

J’ai quelques fois l’impression de n’être qu’un jouet; un jouet qui semble demander d’être contrôlé, maintenu sur le qui-vive pour ne point échapper à ton emprise; un jouet qui, s’il ose pour une fraction de seconde se prendre pour autre chose, mérite d’être châtié et remis a sa bonne place en l’ignorant tout bonnement. Tu lui ouvres une brèche et lui, pauvre jouet sans valeur se croyant enfin digne d’un autre titre, y plonge tête baissée pour que tu aies la satisfaction encore une fois de lui claquer au visage la porte des limites imposées tout en lui chantant sur tous les tons combien il est « important » et à quel point il a la « priorité ». Je finirai bien par apprendre clairement la leçon et aller de l’avant enfin convaincue que jamais je ne serai de ceux et encore moins de celles connaissant tes secrets, tes angoisses, tes escapades…

Je ne semble plus mériter “ta profondeur”. Tu t’es trouvé autre point d’attraction, autre ouverture pour ta passion, donc tu ne me réserves que les moments creux du jour-le-jour, des habitudes non-nécessaires, de ces choses relayées au grade de passe-temps pour justement faire passer le temps sans engagement particulier.

Je ne m’attends presque plus a rien et me mords les doigts à chaque fois que je me permets un écart puisque, admettons le, il semblerait que nous n’ayons jamais vu les choses de la même façon.

– Donc… Tu as peur d’avoir des enfants?
– Ce n’est pas juste une affaire d’avoir peur … J’ai été traumatisée…?

Je porte la marque de la perte, de la douleur, du rejet…

Je porte les insultes d’un père; celles de celui que j’avais cru un ami; celles d’un amant trompeur et dominateur menant pourtant sa vie; celles d’un être avec qui j’aurais pu “donner” vie, mais qui a préféré me rejeter trop encré sur sa personne… si concentré sur sa personne qu’il m’en a fait porter seule la lourde charge.

Je porte la marque d’un amour déçu, un amour vaincu, un amour non partagé, un amour que j’ai du laisser partir, un amour que je cherche depuis bientôt 5 mois, un amour qui se refuse à m’approcher parce que ma faiblesse l’avait repoussé. Je porte la marque de mon échec et j’ai peur que cet amour ne veuille plus de moi, que cet amour ne me juge indigne de me gratifier d’une seconde chance.

Je porte la marque de mon coeur brisé par ton insouciance, par tes humiliations, par tes silences, par ton indifférence, par ton désir de n’assouvir que tes envies sans te rendre compte que je suis bien plus qu’un corps, bien plus qu’un réceptacle, bien plus qu’une porteuse.

Je porte en mon coeur la griffe de tes non-dits, la brulure de la découverte de tes interdits, la gifle toujours renouvelée de tes secrets inavoués pourtant exposés comme pour me défier de prendre une quelconque position sans me tourner en ridicule. Oui bien des fois je me suis posée la question. Je me suis demandée si vraiment je ne risquais de revivre ce cauchemar, si vraiment je ne misais pas trop haut, si vraiment je pourrais assumer…. Oui mes peurs me bloquent. Mes peurs autant que mes peines.

– Ecoute, je te disais donc que ce n’était pas qu’une affaire d’avoir peur d’avoir des enfants. J’en ai déjà perdu un, tu te rappelles? Cela a causé un traumatisme dont mon corps et mes émotions portent encore les séquelles
– …
– …???
– Je t’ai entendu. Tu es traumatisée, tu portes des séquelles. J’ai entendu.

Silence.

Je crois qu’un être peu changé, pas juste prétendre de prendre une bonne résolution pour se retenir de couler et continuer à flotter, mais réellement changer pour le meilleur de lui-même. Mais faudrait-il encore qu’il le veuille. Faudrait-il encore qu’il accepte de laisser sa zone de confort, qu’il accepte de laisser les idées reçues, qu’il accepte de grandir et de muer en une autre version de lui-même.

On SAIT quand quelque chose ne va pas. On SAIT quand on est dans le faux. On SAIT quand on se fait berner… Mais on ferme les yeux pour ne point avoir à se battre, pour ne point avoir à se blesser, pour ne point avoir à se justifier, pour ne point avoir à se faire humilier… Mais on SAIT, encore et toujours, même quand on garde silence. On SAIT. Il suffit juste d’ouvrir les yeux et de prêter attention à ce qui ne se dit pas et le message s’y trouvera.

Je suis au bout du rouleau. Je suis à la dernière ligne droite. Je ne te dis pas non-sincère, je ne dis pas ton amour faux. Je dis simplement que moi j’en ai assez de me battre, assez de me sentir inutile, assez de me d’être relayée dans un coin, assez d’être toujours disponible mais ne rencontrant que le vide, assez de surprendre ces regards furtifs disant longs, mais que je prétends ne point voir afin de ne pas saper le peu de paix intérieur qui me reste, assez de ces gestes anodins dans mon dos pour mieux maintenir les apparences, assez de ces mots à triple sens, de ces sourires en coin. Je suis à ma limite. Je ne tenterai plus rien. Je ne cacherai même plus mon désarroi ou mon dégout de certains aspects. Je ne laisserai pourtant pas mon coeur s’endurcir. Non! Personne n’aura la satisfaction de me dénaturer.

Tu as toujours quelque chose à cacher. Tu auras toujours quelque chose à cacher. Tu as fait choix de toujours maintenir une vie cachée. Moi, je ne suis que fatiguée. De tout cœur, je souhaite vraiment que le jour de ton réveil te soit bénéfique. De tout cœur je souhaite que cette réputation a laquelle tu tiens si fort saura bien te tenir compagnie. Moi, je ne fais que compter les jours, les heures, les silences qui en disent long, les malentendus et les compromis.

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s