2006 – 2017… Tout un voyage!

Entre l’écriture et moi… Une histoire de passions, de déchirements, d’angoisses, de séparations amères et de retrouvailles enivrantes…

Dans mon “ERRANCE”, cherchant à guérir de mes blessures, je me suis “MISE-A-NUE”. Il est parfois bénéfique d’interrompre le silence par le cri de nos émotions “UNVEILED”. Ainsi ai-je compris combien la vie était “PHENOMENA“.

Après un temps de pauses et d’introspections, j’ai pu immortaliser mes “EPHEMERIDES”. Je me suis tournée vers la spiritualité avec un “COEUR EN VEILLE”, cherchant à comprendre le sens du tumulte en moi. Ne voulant rien oublier de mon vécu, j’ai retracé les “VISAGES IMMORTELS”, ce qui m’a porté à admettre l’aspect plutôt “PECULIAR” de mon existence.

Suite à un arc-en-ciel d’événements et d’émotions sans précédent, je me livre donc “HEART & SOUL” à la Puissance régissant l’univers. Dans l’espoir de réponses, mes pas me porteront peut-être vers les souvenirs d’antan pour admettre mes “CONFUSIONS”, confronter mes “ILLUSIONS” et traverser mes “NUITS BLANCHES”. “IRONIE ET SARCASME” font pourtant le poids sur la balance… Tout a sa raison d’être… ou de ne point être…

L’existence est une pièce à “DOUBLE FACE”. Il faut savoir quand avancer et quand se tourner vers les ARCHIVES du temps d’autrefois… Le plus important, peu importe la route, l’expérience ou les charges s’imposant, il ne faut point perdre de vue que la clef de toute existence reside dans la recherche de “KLETE NAN KALVE”.

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Réminiscences

[…] Je me souviens de tant et tant de choses que je n’arrive à savoir ce qui m’a le plus fait sourire, ce qui m’a le plus fait plaisir. Je me souviens de tant de moments de tendresse et de pleurs s’étant succédés si étroitement que l’un et l’autre ne font presque plus qu’un. Peut-être est-ce cet aspect là qui les rend si précieux? Peut-être que sans ce mélange singulier tout aurait été fade, sans grande signification, sans implication…

Des mots, que de mots ! Encore et toujours des mots, à l’infini, qui ne finissent jamais de dire ce que les hommes gardent au fond de leurs tiroirs, au coin des miroirs, sur la table de leur cœur.   Des mots ! Que des mots pour décrire un univers si fascinant, si merveilleux, si…. immortel !

[…] Une symphonie rien que pour moi, rien que par moi, à chacun de mes pas, à chacun de mes soupirs, une note en plus s’ajoutant à cette portée représentant mon territoire au cœur des astres. Ma mémoire ! Oui ! Ma page d’histoire bien à moi ! Rien qu’à moi, juste à moi avec tout ce qui s’est joué sur ma peau, en mon âme, en mon sang !

…Mon talisman… tisser de la force de mes larmes, de mes erreurs, de mes peurs, de mes défis, de mes actes de grandeur. Mon arme ! Un talisman incrusté dans ma chair, qui me parle de ma vie et de ses fontaines… Les fontaines ! Chacune regorgeant de ce que j’ai vu, fait, ressenti, éprouvé !… Qu’il est doux de plonger au fond d’elles et de me rappeler à l’infini ce qu’elles renferment ! Même les poignards et les ronces ont une part de lumière, une part que je n’aurais connue si je ne les avais acceptés…

Extrait de Mise-à-Nue

Au revoir

– Je voudrais que mes enfants réussissent là où j’ai échoué…
– C’est à dire…?
– Qu’ils réussissent dans tout!.
– En quoi penses tu avoir échoué

Silence

Et après tu me demanderas pourquoi je me tais, pourquoi je préfère me murer et prétendre que tu m’es indifférent, pourquoi je ne pose plus de questions, pourquoi je reste constamment dans les nuages, pourquoi mon regard est embué

J’ai quelques fois l’impression de n’être qu’un jouet; un jouet qui semble demander d’être contrôlé, maintenu sur le qui-vive pour ne point échapper à ton emprise; un jouet qui, s’il ose pour une fraction de seconde se prendre pour autre chose, mérite d’être châtié et remis a sa bonne place en l’ignorant tout bonnement. Tu lui ouvres une brèche et lui, pauvre jouet sans valeur se croyant enfin digne d’un autre titre, y plonge tête baissée pour que tu aies la satisfaction encore une fois de lui claquer au visage la porte des limites imposées tout en lui chantant sur tous les tons combien il est « important » et à quel point il a la « priorité ». Je finirai bien par apprendre clairement la leçon et aller de l’avant enfin convaincue que jamais je ne serai de ceux et encore moins de celles connaissant tes secrets, tes angoisses, tes escapades…

Je ne semble plus mériter “ta profondeur”. Tu t’es trouvé autre point d’attraction, autre ouverture pour ta passion, donc tu ne me réserves que les moments creux du jour-le-jour, des habitudes non-nécessaires, de ces choses relayées au grade de passe-temps pour justement faire passer le temps sans engagement particulier.

Je ne m’attends presque plus a rien et me mords les doigts à chaque fois que je me permets un écart puisque, admettons le, il semblerait que nous n’ayons jamais vu les choses de la même façon.

– Donc… Tu as peur d’avoir des enfants?
– Ce n’est pas juste une affaire d’avoir peur … J’ai été traumatisée…?

Je porte la marque de la perte, de la douleur, du rejet…

Je porte les insultes d’un père; celles de celui que j’avais cru un ami; celles d’un amant trompeur et dominateur menant pourtant sa vie; celles d’un être avec qui j’aurais pu “donner” vie, mais qui a préféré me rejeter trop encré sur sa personne… si concentré sur sa personne qu’il m’en a fait porter seule la lourde charge.

Je porte la marque d’un amour déçu, un amour vaincu, un amour non partagé, un amour que j’ai du laisser partir, un amour que je cherche depuis bientôt 5 mois, un amour qui se refuse à m’approcher parce que ma faiblesse l’avait repoussé. Je porte la marque de mon échec et j’ai peur que cet amour ne veuille plus de moi, que cet amour ne me juge indigne de me gratifier d’une seconde chance.

Je porte la marque de mon coeur brisé par ton insouciance, par tes humiliations, par tes silences, par ton indifférence, par ton désir de n’assouvir que tes envies sans te rendre compte que je suis bien plus qu’un corps, bien plus qu’un réceptacle, bien plus qu’une porteuse.

Je porte en mon coeur la griffe de tes non-dits, la brulure de la découverte de tes interdits, la gifle toujours renouvelée de tes secrets inavoués pourtant exposés comme pour me défier de prendre une quelconque position sans me tourner en ridicule. Oui bien des fois je me suis posée la question. Je me suis demandée si vraiment je ne risquais de revivre ce cauchemar, si vraiment je ne misais pas trop haut, si vraiment je pourrais assumer…. Oui mes peurs me bloquent. Mes peurs autant que mes peines.

– Ecoute, je te disais donc que ce n’était pas qu’une affaire d’avoir peur d’avoir des enfants. J’en ai déjà perdu un, tu te rappelles? Cela a causé un traumatisme dont mon corps et mes émotions portent encore les séquelles
– …
– …???
– Je t’ai entendu. Tu es traumatisée, tu portes des séquelles. J’ai entendu.

Silence.

Je crois qu’un être peu changé, pas juste prétendre de prendre une bonne résolution pour se retenir de couler et continuer à flotter, mais réellement changer pour le meilleur de lui-même. Mais faudrait-il encore qu’il le veuille. Faudrait-il encore qu’il accepte de laisser sa zone de confort, qu’il accepte de laisser les idées reçues, qu’il accepte de grandir et de muer en une autre version de lui-même.

On SAIT quand quelque chose ne va pas. On SAIT quand on est dans le faux. On SAIT quand on se fait berner… Mais on ferme les yeux pour ne point avoir à se battre, pour ne point avoir à se blesser, pour ne point avoir à se justifier, pour ne point avoir à se faire humilier… Mais on SAIT, encore et toujours, même quand on garde silence. On SAIT. Il suffit juste d’ouvrir les yeux et de prêter attention à ce qui ne se dit pas et le message s’y trouvera.

Je suis au bout du rouleau. Je suis à la dernière ligne droite. Je ne te dis pas non-sincère, je ne dis pas ton amour faux. Je dis simplement que moi j’en ai assez de me battre, assez de me sentir inutile, assez de me d’être relayée dans un coin, assez d’être toujours disponible mais ne rencontrant que le vide, assez de surprendre ces regards furtifs disant longs, mais que je prétends ne point voir afin de ne pas saper le peu de paix intérieur qui me reste, assez de ces gestes anodins dans mon dos pour mieux maintenir les apparences, assez de ces mots à triple sens, de ces sourires en coin. Je suis à ma limite. Je ne tenterai plus rien. Je ne cacherai même plus mon désarroi ou mon dégout de certains aspects. Je ne laisserai pourtant pas mon coeur s’endurcir. Non! Personne n’aura la satisfaction de me dénaturer.

Tu as toujours quelque chose à cacher. Tu auras toujours quelque chose à cacher. Tu as fait choix de toujours maintenir une vie cachée. Moi, je ne suis que fatiguée. De tout cœur, je souhaite vraiment que le jour de ton réveil te soit bénéfique. De tout cœur je souhaite que cette réputation a laquelle tu tiens si fort saura bien te tenir compagnie. Moi, je ne fais que compter les jours, les heures, les silences qui en disent long, les malentendus et les compromis.

Je n’ai pas que ça a faire!

Tout semble aller.  Mais quelques fois, une ombre fugace se pointe, sortie de nulle part. Juste un mot, un regard, un geste… Et la spirale noire s’ouvre et m’engouffre. 

J’ai lu quelque part une phrase qui m’a fait réflechir: “On n’oublie pas. On fait juste semblant”. Cela m’a fait rire, simplement parce que j’ai refusé de pleurer et de laisser cette ombre prendre le dessus. “Le temps ne guérit pas. On se guérit soi-même”. Vraiment? Et comment?… Mais faut admettre qu’il y a bien du vrai en cela. “Tous ceux que tu aimeras ne resteront pas. Ils ne feront pas tous preuve de loyauté. Certains n’existent qu’en exemple de ce que tu dois éviter”. Ce coup là fait mal. “La loyauté est chose rare. Quand tu la trouves, fais tout pour la garder”. Encore faudrait-il que l’on puisse <voir>, que l’on soit sur la bonne <fréquence> et, beaucoup plus important, que l’on sache concrètement ce que l’on veut de la vie, pour SA vie.

A la fin, “Tu dois être ton propre héro parce que chacun est occupé à essayer de sauver sa peau. Une vérité pure! Pourquoi attendre de quelqu’un d’autre ce que je peux faire par moi-même, pour moi-même sans avoir un quelconque sentiment de dépendance ou encore sans avoir un rappel constant d’une reconnaissance attendue. Il y a juste une chose que je dois obligatoirement graver en mon fort intérieur, sur chaque mur de ma vie, me faire tatouer même s’il le faut: “Plus tu porteras de colère en ton coeur contre ton passé, moins tu seras en mesure d’aimer le présent”.  Ce fut mon lot pendant si longtemps! Et il m’a fallut un déclencheur particulièrement violent pour me libérer de cette emprise malsaine. “Je me mets plus en colère. J’observe, je réflechis et je m’éloigne si nécessaire“.

Centrer mon énergie sur ce qui ne me fait que du tord?… Je n’ai pas que ça a faire! La plus grosse leçon qu’il me reste à apprendre et à accepter maintenant est le fait que “Si tu donnes tout ce que tu as et que malgré tout ce n’est toujours pas assez, alors tu es en train de tout donner à la mauvaise personne“. J’ai déjà commencé. Je n’en suis déjà pas si loin puisque j’ai compris que certains efforts étaients perdus d’avance. “Ne te perds pas en essayant de t’accrocher à quelqu’un qui ne craint pas de te perdre.” Il y a bien une réalité que l’on ne peut cacher. “On crée toujours le temps pour ce qui est et ceux qui sont importants à notre vie“. Les priorités se dévoilent d’elles-mêmes même lorsque les mots tentent de les camoufler.  Il suffit juste de prêter attention. “Les vibrations (ce que nous appelons le 6eme sens) en disent plus long que les mots“.

Oublie l’erreur, mais garde la leçon en mémoire”. “Prête attention aux non-dits“. Ce que tu cherches s’y trouve fort souvent caché. “Les gens sont plus ce qu’elles cachent que ce qu’elles disent” donc “Si quelqu’un te fait sentir qu’il s’en fout, crois bien qu’il s’en fout vraiment“. Mais ne perds pas espoir pour autant. “Les orages permettent à l’arbre de s’encrer plus profondément“. Et quand enfin tu arrives à te faire face sans peur, sans honte, nu(e) dans ta vulnérabilité, malgré les blessures, dans la beauté de tes cicatrices “La paix intérieure fait de ton monde un paradis“.

Droit au silence…

De nos jours, le silence est presque tabou. Tout le monde a droit à une opinion. Chacun peut dire ce qui lui passe en tête sans retenu, sans censure, sans considérations et bien sûr sans modérations. De nos jours, tout le monde dit tout.

Garder silence est considéré comme injure. Garder le silence est symbole de manque de personnalité. Garder le silence implique qu’on plie le dos. Garder le silence projette l’image d’une supposée résignation laissant croire, apparemment, que l’on accepte de se transformer en marchepied de quiconque s’estimerait plus fort ou plus rusé.

J’ai lu quelque part une pensée qui m’a interpelée: “the quieter you become, the more you can hear”. (plus on devient silencieux, plus on entend). Ai-je donc le droit de garder le silence ? Ai-je le droit de m’estimer plus à l’aise dans cette carence de mots dans un monde où les mots n’ont plus aucune signification ? Ai-Je le droit de me taire dans une société où l’on ne fait que rouspéter à tue-tête comme des bêtes de foire, vociférant pour faire preuve d’esprit et de puissance ? Ai-je donc le droit par mon silence de faire passer un message ? Ai-je donc le droit par mon silence de dire non à toutes ces folies que l’on estime normales, à ces frasques d’une génération en débandade, à ces faux-semblants cachant un mal encore plus grave ?

Je réclame ce droit au silence. Le droit de ne point vouloir me salir dans l’insalubrité sans forme dans laquelle baigne un monde en mal d’être. Le droit de puiser dans le silence la force de faire face aux dérives de cette mer agitée. Le droit de ménager l’usage de mes mots pour les situations s’en trouvant dignes. Le droit d’être différente. Le droit d’être une âme cherchant sa route, se frayant un passage à sa façon.

Un silence qui tue

J’ai les doigts sur le clavier… Rien! Pas un mot. Rien. Juste le vide et ce sentiment d’être totalement perdue, sans recours, sans voix… J’ai l’impression de m’être perdue sans trop savoir vraiment comment. De nombreux événements me viennent en tête, mais aucun ne peut vraiment justifier ce trou que je constate.

Je le regarde du coin de l’œil. Qu’ai-je bien pu lui trouver ?! Dire « rien » serait mensonge. Ce n’était guère une affaire de beauté, de style ou d’avoirs, mais plutôt de personnalité, de cœur, d’humanité cachée… Du moins, c’est ce que je me suis laissée croire. Peut-être avais-je quelques problèmes visuels en fin de compte. Mes repères étaient sans doute faussés à force d’avoir trop côtoyé de spécimens à problèmes, en partant de ce géniteur qui n’avait de « père » que le nom pour arriver à ce phénomène trompeur m’ayant ensorcelée par sa réserve pour aboutir à… ça! Cet être particulier sur qui j’ai misé mes dernières années, mes dernières espérances.

Je le regarde et vois oh combien de larmes versées et de mensonges tissés, empêtrés, enroulés, mélangés au point de devenir sa propre réalité. Je le regarde… Lui? Il ne me voit pas, trop entortillé dans ses pensées et ses fantasmes, trop embrouillé dans ses tours de passe-passe, dans ses cachoteries à même la peau. Je détourne le regard et me perds dans le paysage, les doigts posés sur ce clavier, le cœur lourd de trop penser.

– Chérie…
– Hm…?
– Tu boudes.
– Hm… !
– Qu’est-ce qui ne va pas ?

Silence…

Comment te dire? Mais qu’est-ce qui ne va pas ? Vraiment?! Que sais-je ? Voyons un peu ce qui ne va pas. Ces appels inconnus que je fais semblant d’ignorer. Ces surnoms que je croyais précieux, mais qui sont en fin de compte de la rubrique de l’ordinaire. Mon nom qui devient mot de passe pour signifier un empêchement à tes batifolages. Quoi? Tu ne me croyais tout de même pas assez sotte pour ne pas m’en rendre compte! Quand même!

J’ai un goût amer à la gorge, ce même goût qui remonte à chaque souvenir, à chaque impair, à chaque impasse. J’ai un goût amer au cœur, ou devrais-je dire une brûlure pure et simple qui me tenaille, comme un déchirement dans mon sein. J’ai tellement envie de te faire mal, de t’arracher ces mots qui me libèreraient, oui ces aveux retenus qui m’étouffent…

– Chérie…
– Hm…?
– Qu’est-ce qui ne va pas ?
– Rien…

Que voudrais-tu que je te dise au fait? Sérieusement! Que pourrais-je dire que déjà tu ne saches? Soyons honnêtes pour une fois, juste une toute petite fois! Si bien sûr cela figure dans tes capacités. Je peux tout accepter, pourvu que je sache. C’est tout. Savoir à quoi m’en tenir, savoir ce qui est en jeu, savoir qu’au moins en cela j’aurai été différente, savoir que tu peux te dire en ma présence sans craindre mes critiques puisque simplement je SAIS. Mais c’est trop demandé n’est-ce pas? Quel en serait le sens si déjà je savais? Quel en serait le sens si ton interdit était ouvertement permis? Quel en serait le sens n’est ce pas? C’est bien là le problème. Cette pulsion, ce désir de l’incorrect, cette attirance pour la luxure, pour la double vie… c’est bien cela qui t’attire. Menteur et joueur! Tu le dis ouvertement de toi-même, comme une excuse, comme une identité que tu assumes, comme une carte de visite que tu m’imposes. Menteur et joueur. Comme une bande-annonce, un prétexte de plus pour me signifier que je savais dans quoi je m’embarquais. Menteur et joueur. Mais arrêtons là les prétextes hein! J’ai été assez naïve pour toute une vie.

– Chérie…
– Quoi ?
– T’es lointaine et tu m’ignores.
– Je ne t’ignore pas. Je réfléchis. C’est tout.
– Ok… A quoi ?
– Beaucoup de choses…
– Tu réfléchis à quoi ?
– T’as vraiment pas envie de savoir.

Et si je te disais vraiment, mais vraiment, pour de vrai, concrètement ce qui me passait en tête? Et si je te disais que je brûle d’envie de te dire « merde », de te faire mal, de te lancer toutes tes balivernes au visage, de t’engueuler pour ne pas être assez homme pour même pouvoir m’accorder l’unique chose que je te demande: un minimum de respect pour « savoir », savoir de toi. Je ne peux t’interdire tes frasques. J’ai fait la paix avec cette blessure. J’ai atteint la conclusion que tes gènes, ton ADN, ton code chromosomique, tout ce qui fait de toi un humain semble ne pouvoir se passer de cette saleté. Que dis-je! Pardonne le terme. « Habitude » serait plus approprié n’est ce pas? Ce n’est pas moi le problème. Des mois de larmes m’ont conduite à cette conclusion. Ce n’est pas moi le problème. C’est plutôt ton manque de retenu, ta tendance à vérifier ton charisme séducteur, ton penchant pour le malsain, pour la débauche. C’est ça le problème. Ce n’est pas moi ! Je ne t’en blâme presque plus. Bien que je continue de croire que tu aurais pu si t’avais voulu… tu aurais pu si ce semblant d’avenir commun t’était aussi important que tu le prétends.

– Chérie…
– Qu’y-a-t-il?
– Ce serait à moi de te le demander
– Ah bon?
– Sérieusement, parle-moi. Qu’as-tu?

Me forcer au silence est une mort à petits feux. Mais qu’y faire. Te parler ou me taire, c’est bien le même résultat. Tu ne diras mot, ou tu en diras juste assez pour me mettre le sang en feu par les non-dits, les mots nuancés, les propos à sens multiples… Alors autant se taire. Mais cela te dérange quand je me tais. Cela t’embête, te dérange, te démange de ne savoir en vrai mes découvertes, mes pressentiments confirmés, mes doutes affirmés … que tu vas d’ailleurs nier avant même que je ne les énonce.

Ce que j’ai?… Ce que j’ai… Mais rien justement. J’ai les mains vides d’espoirs déçus, de rêves gâchés, de patience non récompensée, d’injures déguisées. Tu prétends si bien… Tu mens si bien… Cela se comprend clairement que je sois tombée dans ce piège. Et Dieu seul sait ce qui aurait pu se passer si ce fameux jour… Mais que dis-je! Suis-je bête? Qu’est ce qui me dit que ta double vie ne bat pas son plein encore plus intensément qu’avant? Qu’est-ce qui me permet de croire qu’un expert de ton envergure se laisserait intimider par une puritaine de mon genre! Que je te dise ce qui ne va pas! Tu le demandes? Non! Tu l’exiges! Car tu ne peux concevoir ne pas avoir le contrôle de tout! Comme si tes escapades ne te suffisaient pas, il te faut aussi avoir à ton actif une ingénue que tes conquêtes peuvent tourner en ridicule durant vos ébats. Que j’ai été bête… Je saigne d’une plaie non-ouverte, une plaie que je ravive à chaque fois que je me permets de faire montre d’un semblant de vulnérabilité…

– Chérie…
– Hm…?
– Je n’aime pas quand t’es comme ca.
– Désolée!
– Mon amour…
– Hm…?
– Tu sais que tu me manques n’est ce pas?
– A moi aussi…

Oui, je me manque à moi aussi. Cette joie de vivre, ce rire spontané, ces petites boules de joies soudaines… Cela me manque aussi. Mais pas pour trop longtemps… plus pour trop longtemps. Je vais apprendre à me faire de ce silence. Oui! Vais en faire un allié, un partenaire plutôt qu’un ennemi. Oui, ce silence que tu m’as poussé à m’imposer, il sera mon amant, mon confident, mon guide. Je te tromperai avec lui. Il me connaitra bien plus que toi. Il ira dans des profondeurs de mon être dont l’accès te sera désormais refusé.

Dans ce cadre si habituel, pourtant si différent, je te regarde… Mais je ne te vois plus… La vie m’offre une porte de sortie. Je m’y jetterai! En larmes, en lambeaux, le cœur en sang, l’âme déchirée… Je m’y lancerai, car je sais que malgré tout, avec toi, sans toi, je survivrai. Mon identité ne se limite pas à tes parcelles de présence. Elle est dans ce qui a fait de moi ta proie parfaite. Ce choix, je le ferai, bon gré, mal gré, et de loin, je t’observerai, car ce sera alors ton tour de te tordre seul dans ton coin. J’espère qu’alors tes cumuls en vaudront la peine! Vois-tu, même au fond de ma peine, je sais me montrer humaine, même envers ton engeance. De loin, je pourrai peut-être te pardonner, mais en attendant ce jour, je dois quand même te remercier de m’avoir transformée, d’avoir contribué à métamorphoser la petite fleur fragile des champs en chêne magistral pouvant tenir tête aux ouragans. En cela, oui tu m’as été utile. Les larmes n’ont pas été veines.

Je te regarde… Et tout à coup, je souris. Nos regards se croisent et dans le tien, je lis des lendemains où mon angoisse se fera tienne… Je souris, tu frémis et alors, rien qu’alors, tu comprends l’étendue de cet amour s’étant mué en ce quelque chose ne s’apparentant même pas à la haine, mais tournant plutôt vers… de l’indifférence.

Les cloches de mon église (souvenir 12.01.10)

Ding! Dong!

J’ai toujours pris pour acquis la musique des cloches, m’énervant même certaines fois quand elles me tiraient du sommeil, me rappelant l’heure, me forcant illico à me préparer au risque d’arriver en retard à ma rencontre du dimanche matin.

Ding! Dong!

Ces fameuses cloches, portant tous les noms dans les moments de colère ! Elles m’ont manqué plus que je ne l’aurais cru possible. Je m’etais habituée à leurs vacarmes, à leurs joies imposantes… Mais pas à leur silence…

Ding! Dong!

Ces chères cloches de mon enfance, ces amies à distances berçant mon adolescence, j’ai cru les perdre à jamais quand la terre s’est mise en colère. Leur silence, s’ajoutant aux morts du cimetière qu’était devenue ma ville, m’a dechiré autant que les cris des survivants.

Ding! Dong!

Les cloches de mon église! J’ai pleuré en les entendant à nouveau… Même virtuellement. J’ai tressailli en les voyant réapparaitre dans le ciel de mon église comme un signe d’espoir, comme une étoile ne craignant ni soleil, ni lune.

Ding! Dong!

Mes chères cloches, amies de toujours, symbôle de resurrection, mon coeur vous accueille comme un rappel que la vie reprend toujours. De près, de loin, l’étendard de votre clameur, baume à mon coeur meurti, sera le dernier cadeau de cette terre à une âme endormie.

D’ou je viens, nul n’est à l’abri

D’où je viens, certains mots sont permis. Certains noms sont acceptés, même si non acceptables. Une jeune fille atteignant l’âge qu’on dit mûr se retrouve affublée de sobriquets les uns plus dénigrants que les autres. Et la société trouve cela normal ! C’est comme un rite de passage sans lequel on ne saurait vraiment dire avoir « grandit ». Un jeune garçon dont la voix change d’octave est traité comme un jeune poulain sur le point d’être lâché sur une meute. Gare à lui s’il ose, ne serait-ce même que par erreur, laisser croire qu’il aurait des vues plus élevées que de faire la chasse aux porteuses de jupons.

D’où je viens, une jeune-femme est quasi harcelée de toutes parts … non pour parfaire son éducation et atteindre un certain niveau d’indépendance ! Mais non ! Quelle idée ! Ce serait la laisser se remplir la tête ou pire se gonfler d’orgueil. Elle doit invariablement apprendre l’art de plaire et décocher au plus vite, le plus tôt le mieux, une partie prometteuse portant nom, fortune et, si possible, bonnes manières, bien que cela semble avoir de moins en moins d’importance. Un jeune homme est presque forcé  à « monter » tout ce qui bouge sur 2 pieds et possédant seins et réceptacle d’éjaculation. Faut bien qu’il s’entraine ! Il ne peut se permettre le luxe de trainer la race masculine dans la boue en agissant en rabat-joie, jouant au pudique, faisant montre de respect et d’attention pour la gente dite faible.

D’où je viens, une femme atteignant un certain âge, mariée ou non, mère ou non, bien placée ou non,… peu importe les paramètres analysés ! Une femme se fera quand même étiquetée comme une marchandise de super marché. Une femme ? Elle n’est autre qu’une « pondeuse », sinon elle est une « bonne à rien ». Vite qu’elle se case et se mette au travail ! Son avenir est scellé dès la découverte de son sexe à la naissance. Qu’elle ne se permette pas de contredire sinon gare aux épithètes ! Et même là encore, elle ne saura y échapper. On la dira coquine et aguicheuse si elle prend soin de son corps. On la dira indigne si elle porte des vêtements un peu trop affichants. On la dira trop imbu d’elle-même si elle garde un certain train de vie sans se faire salir par les soi-disant maitres de ce monde. On la dira sournoise si elle préfère rester loin du feu des projecteurs. On la dira fainéante si elle reste à la maison s’occuper de ses enfants. On la dira prostituée si elle ose braver la société et prendre soin seule de sa progéniture…

D’où je viens, un homme se mariant tôt est aussitôt tourné en ridicule parce qu’on lui reproche de vouloir limiter le partage de son « expertise » en négligeant les potentielles candidates en mal de ses soins. Il est poussé de toutes parts, en plus de la génétique, à aller voir ailleurs, à chercher ce « feeling » que seul l’interdit peut procurer. La marque d’un homme avec un « H » ? Elle se résume par le nombre de conquêtes : les conquêtes du jeune âge pour le débroussailler ; les conquêtes d’un âge plus mûr pour parfaire son éducation et son aisance de la chose ; les conquêtes d’un certain âge lui permettant de clore le chapitre fallacieux de l’avant-désir-de-couple. Et enfin, mais surtout, les conquêtes de l’après concrétisation de ce désir de couple, car il faut bien démontrer qu’il ne peut être enfermé dans un quelconque carcan ! Oh que non ! Un homme, un vrai, ça ne s’attache pas qu’à une seule compagne ! La principale est là pour un rôle précis. Les autres… ben les autres servent à nettoyer la tuyauterie et aussi, mais surtout, à maintenir en vie la réputation d’Homme avec grand H qu’il a construite au cours des années.

D’où je viens, une femme cocue est affaire courante, rien de bien sérieux, un article de plus dans un journal, une lettre de plus à la poste. Pas de quoi en faire un plat. Du petit ami trompeur à l’époux baladeur, qu’elle n’ose se plaindre puisqu’elle a été honorée du titre de « Porteuse Principale ». Et qu’elle n’ose même pas rêver faire de même ! Oh que non ! Sinon gare aux surnoms pour qualifier ses mœurs légères !

D’où je viens, un homme cocu ? Serait-ce un « extraterrestre » portant peau et chair pour se faire passer pour un humain, mais n’ayant obtenu le manuel nécessaire pour savoir comment agir et rétorquer proprement à pareil affront ? Qu’il traine lui-même partout n’est pas problème ! Mais qu’il ose, ne serait-ce qu’un instant, envisager la possibilité d’être cocu… Une guerre est déclarée, sans relâche, sans trêve, sans précautions pour les parties non directement concernées. Mais c’est la guerre quoi ! Si une bombe explose un frère, une sœur, un enfant, mais on s’en fout ! La guerre vous a-t-on dit !

D’où je viens, une femme, ça encaisse. Dès qu’elle réagit, catastrophe nucléaire, armements sortis, orages et cataclysmes !

D’où je viens, un homme, ça impose. S’il reste calme et tente un semblant de compréhension, c’est le débalancement mondial… Ou de manière plus commune, il a quelque chose en tête et se cherche une proie.

D’où je viens… Je ne trouve plus les mots. Ils me font soudain défaut.

D’où je viens… C’est le monde totalement à l’envers. Rien n’est certain et aucune règle ne tient la route.

A l’envers

Je suis d’un lieu
Où les formes et les ombres
Ont une vie qui leur est propre
Le soleil brille la nuit
La lune est reine du jour
Le fou est celui que l’on suit
Et le sage est mis en déroute
L’amour est une notion farfelue
Perçue dans les livres et les contes de fées
L’amertume est la potion de tous les jours
Bue volontiers
Par désespoir

Je suis d’un lieu
Où un mot de gentillesse
Est comme maladie dans les os
Où la valeur d’un être n’est point remarquée
Si non ternie par la ruse
Et rendue impure
Peu importe les pierres déplacées
Les montagnes réunies
Rien n’est jamais assez
Puisqu’un grain sable minuscule
Peut causer la ruine de n’importe quel château donné
Et le voir s’effriter à néant

Je suis d’un lieu mis à part
Un monde qui se dérobe
Laissant filer le temps
Je suis d’un lieu
Dans lequel le cœur est pèlerin
Dans lequel le “chez soi” est un rêve
Et le «moi», inexistant

(…) amertume (…)

Le rêve perdu laisse un goût amère
Que l’on traine derrière soi
Inconsciemment le long des siècles
En silence on s’avance
Croyant avoir grandit
Mais au fond on se lance
Comme un défit à l’infini

Le rêve perdu laisse un goût amère
Pareil au sang versé
Sur un autel sacrilège
Le coeur a beau se resaisir
Mais quand vient la nuit
Les ombres font la fête
Les monstres pointent leur tête

Le rêve perdu…
Rêve confus
Un réel en lambeau
Une âme en sanglots

Extraits de “Ironie et Sarcasme

Dilemme des temps…

La femme dit: “Je ne veux pas
L’homme entend: “Insiste! Je ne fais que jouer à la difficile
La réalité – elle exprime son désir; il impose le sien;
Le respect mutuel? Une notion connue?

La femme dit: “J’ai mal
L’homme entend: “Je ne cherche que de l’attention
La réalité – elle s’exprime; il minimise;
Le support mutuel? Une option?

La femme dit: “Tu m’as blessée
L’homme entend: “Mais t’es con ; tu ne me sers à rien
La réalité – elle s’exprime; il se mure dans son orgueil, prend tout en insulte;
La compréhension? Une parodie.

La femme dit: “J’en ai assez
L’homme entend: “Je ne suis pas satisfaite; je veux plus
La réalité – elle se renferme un peu plus chaque jour; il pense qu’elle a finalement compris le message de le laisser vivre à sa guise;
L’engagement mutuel? Un mythe?

La femme dit: “…”
L’homme… il se questionne; ce silence soudain, il ne sait qu’en faire.
La réalité – fatiguée de son écho, elle s’éloigne de la source; transformé en écho, il l’a repoussée bien plus loin qu’il ne croyait possible.

Et ainsi, le gouffre s’approfondit, elle trop peinée pour essayer d’y remédier, lui trop gonflé pour s’en apercevoir. Et ainsi, “ils vécurent… heureux?… jusqu’à la fin des temps… chacun de son côté“.

L’homme dit: « les femmes sont ingrates, insouciantes, égoïstes et manipulatrices. »
La femme… elle sourit à l’écho de l’écho, comprenant enfin que l’écho, pareil à un miroir, ne pouvait projeter qu’une image de lui-même.
La réalité – bien des femmes finissent désabusées; bien des hommes n’ont de compagne que leur orgueil;
La communication réelle, concrète, sans les egos? Apparemment oubliée dans les livres d’un temps longtemps disparu.

Je choisis d’être Handicapée Extraordinaire

Fort souvent, ballotés de part et d’autre dans notre parcours, nous oublions l’essentiel. Je l’ai vécu oh combien de fois. Il m’a fallu rencontrer ma mort une énième fois, plus directement cette fois, découvrir mon essence et déterrer cette force dormant en moi pour enfin me rendre compte du gaspillage inconscient et involontaire (supposément) que je cautionnais.

Nombre marchent, bougent, rient, se marient, font des enfants, fondent des compagnies… mais ne sont guère en vie… Une fois le « spotlight » enlevé, ils se révèlent des caricatures aussi vide qu’un bonhomme de bois, des pâles reflets de l’image projetée. Nombre de jeunes portent des blessures immenses, mais le droit à la guérison ne leur est pas accordé parce qu’alors il faudrait tout réviser, tout remettre en question. Je dis bien « accorder » parce que le nombre à avoir réussi à exorciser leurs morts est si minime que quasi insignifiant. Notre société porte des maux, ou plutôt nourrit des maux, que beaucoup refusent à nommer parce que si cela se fait, ils devront faire face à leurs propres angoisses, à leurs squelettes cachés, à leur vide de sens.

Je ne sais comment j’ai survécu. Je ne sais comment j’ai pu faire montre de pareille résilience. Certains croient que je suis quelque peu extraterrestre. D’autres s’attendaient hypocritement à ce que je craque rien que pour le plaisir de leur chaos intérieur, de cette malsaine tendance à se soulager dans et par la douleur d’autrui, de trouver son importance dans le désastre s’abattant sur l’autre.

J’ai si longtemps cru en des balivernes… des mensonges que certains parents blessés dans leur intimité voulaient calquer sur ma personne. L’amour filial m’a sauvé bien des fois. L’amour pour l’humanité m’a maintenu en vie. L’amour de moi-même m’a permis de m’accepter. Il m’a fallut 34 années pour finalement me voir différemment… et c’est long 34 années quand on ne se connaît. Mais au bout du compte, il me fallait ce voyage pour découvrir l’être que je suis, cet être dépassant les bornes de ce corps qui m’abrite.

Je Suis Extraordinaire! Pas parce que ma réputation est intacte, pas parce que mon compte bancaire explose, pas parce que je possède le réseau le plus performant ou le plus actif, pas parce que je suis une beauté selon les canons de la mode, pas parce que j’ai un corps parfait, pas parce que j’ai diplômes et position assurés au niveau de la société. Non ! Rien de tout cela ! Je suis plutôt à l’inverse de ces critères. Je ne suis pas une beauté, n’ai pas un compte explosant, je n’ai pas un corps parfait et suis d’ailleurs maintenant handicapée, je n’ai ni diplômes, ni grande position et encore moins renommée éclatante. Pourtant je suis Extraordinaire. Pourquoi j’ose le dire? Parce que je suis en vie, réellement EN VIE, consciente de l’être cette fois. Et mes cicatrices font partie de mes plus grandes richesses parce que preuves de cette vie. Ne vous y trompez pas! J’aspire à de grandes choses humainement. Mais mon “Extraordinairisme” ne se limite plus au monde matériel, peu importe son importance. Je me suis rencontrée et je ne me connaissais pas pareille force, pareil caractère, pareille résilience, et définitivement pas cette puissance à dominer les circonstances.

Je suis Extraordinaire, Phénoménale dans mon essenceTout comme Vous! Peu importe la situation, peu importe les larmes et les souffrances, il y a ce petit quelque chose en chaque être que le monde, ou plutôt la folie du monde, tente d’étouffer et arrive même à étouffer sous des couches de balivernes, sous des exigences qui permettent d’émerger de la foule ou encore [et aussi] de s’y noyer comme dans les mouvements d’une vague.

Dans notre jeunesse, nous nous imaginons la vie noir ou blanc, une ligne droite menant à nos rêves, à nos aspirations profondes. En grandissant, nous nous rendons compte que pas mal de facteurs influent nos perceptions, nos aspirations, nos désirs, notre détermination, jusqu’à notre désir de vivre. La peur et la honte sont le lot de tellement de personnes. Le plus cruel en tout cela, cette peur et cette honte sont si souvent injustifiées, injustifiables, calquées sur notre personne par d’autres pour qui tourner la vie d’autrui en médiocrité est le but ultime. Nous ne pouvons nous libérer de ces chaines du jour au lendemain. Mais en prendre conscience est une première étape. Maintenant il faut choisir de se libérer. Choisir de reconnaitre son unicité, choisir d’Etre cet Extraordinaire même dans les petites choses de tous les jours, dans ces petites choses ordinaires, ne point attendre d’être au devant de la scène pour éblouir, mais briller même dans son petit coin. Une toute petite bougie ne fait-elle pas un monde de différence une fois allumée dans une salle où régnait l’obscurité ? Lui faut-il vraiment attendre de devenir flambeau pour être utile ? Je vous laisse répondre.

Ce texte n’a pas pour but d’impressionner, mais celui de me rappeler le chemin parcouru, l’importance ou plutôt le symbolisme de mes cicatrices, et surtout l’opportunité offerte par l’obtention de cette nouvelle vie, de ce nouveau sang. Ne vous méprenez pas! Je ne parle pas religion, ni même spiritualité. Je parle de vie comme une rescapée d’une agression armée. Je parle de sang comme un être s’étant vidé du sien après une blessure et ayant bénéficié d’une transfusion. Mais je parle d’Extraordinaire comme un être ne se connaissant cette force de résilience, ni cette détermination à dépasser les pronostics et pouvant à nouveau se tenir debout malgré tout.

Point de non-retour

Quelque chose m’avait réveillée… Je sentais une lourdeur sur ma poitrine, comme un bloc de je-ne-sais-trop-quoi. J’étais allongée sur le dos, les pieds sur un oreiller, les bras au dessus de la tête, la poitrine en évidence. Ça faisait un mal de chien ! J’essayai de me retourner et il semblerait que je me sois endormie ou que j’aie perdu connaissance… Je ne sais… Mais je repris connaissance ou me réveillai (que sais-je) un peu après. Je me redressai avec beaucoup de peine. J’avais du mal à respirer. Une compression intense empêchait l’air de circuler librement. Je changeai de position, me glissai vers l’oreiller et me mis sur le coté gauche. Non, mais vraiment ça faisait mal ! C’était quoi ça ??? Etais-je en train de mourir ou quoi ? Seule ?! Vraiment ? Sans que personne ne le sache ? Une courte prière me vint à l’esprit et j’inspirai aussi profondément que me permettait le barrage emprisonnant mes poumons. Je me tournai sur le ventre. Mauvaise idée ! Non seulement je respirais mal, mais cette douleur au dos… On dirait presque que quelque chose me transperçait et me brûlait l’omoplate au passage.

Je gémis… Je me mis sur le coté droit… Aucun changement… Je m’assoupis un moment je crois, puis la douleur me réveilla à nouveau. J’essayai dans la mesure du possible de trouver une position relativement confortable pour supporter le reste de cette nuit troublante… A ce moment de faiblesse là, rien que pour un instant, j’aurais bien aimé être blottie dans les bras de ma mère, ou même de ma grand-mère… Mais me voir dans cet état, l’une et l’autre auraient pété les plombs. Je ne sais le nombre de fois que je m’endormis et me réveillai, toujours en proie à cette douleur étrange me faisant sentir qu’une part de moi se détachait… Au bout de ce qui me sembla une éternité, le réveil sonna. ENFIN ! Je pris le téléphone et envoyai un message à mon médecin… Je lui relatai ma nuit et comme pour faire écho à mes craintes, il exigea que je me rende sur le champ à la clinique. Ça allait bon train ! Mon médecin, faisant montre généralement d’un contrôle de fer, laissait passer des émotions… Ça fait peur ça.

Le plus dur maintenant, me lever, me préparer, ne pas paniquer et ne pas provoquer une émeute chez moi. Debout devant le miroir, je me tenais la tête, tremblante, le souffle court. Faut pas que je craque ! Faut pas que je craque ! Ca va aller ! Ca va aller ! Le plus dur est passé. Il fait maintenant jour. Il me faut juste retrouver le contrôle de moi même et prendre le dessus de cette chose. J’avais mal, j’avais peur, je grelottais, j’avais une folle envie de sangloter. Mes mains tremblaient, j’étais parcourue de frissons et mes jambes semblaient vouloir céder sous mon poids. NON ! Rien de tout ça ! Suis une guerrière ! J’ai l’âme d’un soldat ! Alors au pas ! Les ordres étaient clairs ! Me pointer à la clinique illico presto et ne rien dire pour ne pas créer la panique avant d’avoir connu le verdict réel sur le phénomène… Vu qu’il avait déjà emprise sur moi, autant faire de mon mieux pour garder les idées claires et m’épargner le tohubohu qui règnerait en cas d’annonce hâtive.

La douleur au dos continuait. Je ne pouvais bouger sans qu’elle ne me rappelle sa présence. Je m’installe dans la voiture avec peine, mais garde le sourire. Personne ne soupçonne l’intensité de mon angoisse. Parfait ! Je tiens bon et réprime autant que possible les grimaces de douleur. Je n’ai pas l’esprit aux plaisanteries, j’ai d’ailleurs perdu mon sens de l’humour sur le coup. J’ai le souffle court, mais bon ! Je tiens du mieux que je peux. Je n’allais tout de même pas me mettre à rechigner. Ce n’était pas mon genre.

Une fois sur place, sans même voir les autres malades, le médecin me fait passer en priorité en salle de consultation. Je lui pose la question à plusieurs reprises, mais il évite de me donner réponse directe… Ce qui n’est guère dans ses habitudes. Cela renforce donc ce qu’en mon fort intérieur je savais déjà. Roulement de tambour s’il vous plait … J’ai eu droit à une mini-crise cardiaque ! Si si si ! J’avais les signes classiques d’une mini-crise cardiaque, en témoigne cette douleur lancinante au dos qui ne se calmait pas. Provoquée par …? Qui sait ? La pression que j’endure depuis Septembre ? Ce trouble intense qui m’occupe l’esprit depuis Novembre ? Ce chamboulement intérieur depuis fin Janvier ? Cette angoisse latente depuis mi-février ? Ou serait-ce la mort d’un ami cher il y a deux semaines qui aurait contribué à faire pencher la balance et à jouer le rôle de la goutte d’eau ? Je ne sais et ne saurai probablement jamais. Toujours est-il que mon cœur lui, il m’a clairement dit qu’il était fatigué. Fatigué de se ronger les freins, de s’en faire, de se rompre les veines pour des insouciants qui, semble-t-il, se refusent à admettre l’ampleur du drame causé, l’esprit trop occupé par des faits plus… « bandants » ?

Les résultats des examens exigés me mettent face à un scenario auquel je ne m’attendais guère. Suis sous le choc ! Ok, je l’admets, j’ai été négligente et le stress, l’insomnie, mes nerfs à vif, mes pensées en ébullition, tout ça n’aidait pas, mais de là à en arriver là… « Agis en adulte et reprends toi ! »… Temps mort ! Freins redressés en urgence… Silence… Suis abasourdie… J’ai les oreilles qui bourdonnent soudain… Excuse moi ? Je crois avoir mal entendu ! « Agis en adulte et reprends toi ! »… He ben… Je ne m’attendais pas à celle là ! Quel toupet ! Quelle audace ! Quel manque d’égard et de considération. « Agis en adulte et reprends toi ! »… ??? Ha bon ? D’accord alors! J’agirai donc en adulte et me reprendrai en main en commençant par rompre certains liens, par mettre un terme à certaines insultes que je permettais, certains écarts qui me crevaient, mais que je me forçais à ne pas pointer et à passer sous silence par égard pour… Mais pourquoi vraiment ??? Je n’arrivais même plus à répondre.

« Agis en adulte et reprends toi ! »… Un frémissement me déchira l’échine. Merci du conseil ! Ce sera fait dorénavant ! Je vivais une illusion et étais bien la seule à blâmer. Nul besoin de me voiler la face ou de jouer avec les mots. J’ai accepté tant et tant de choses qu’évidemment un petit écart de plus ne saurait déranger. Et comment ! Je me suis laissée couvrir de ridicule dans tant de situations qu’une de plus, une petite remarque de rien du tout… Qu’était-ce face aux tromperies, aux cachoteries, aux appels voilés, aux photos cachées, aux messages codés ! « Agis en adulte et reprends toi ! » En effet, je n’agissais pas en adulte en me laissant ainsi trainer par le bout du nez ! Il me fallait bien cette crise cardiaque pour me faire prendre conscience de l’ampleur du drame. Les brûlures ressenties en Septembre n’étaient que des signaux d’alarmes ; les palpitations de Novembre des panneaux indicateurs ; les picotements de Février, l’ultime drapeau marquant le point de non de retour. Et me voilà face au fait accompli ! Une crise cardiaque, couronnée d’une remarque pleine de désinvolture, comme si les pensées noires me tenaillant ne trouvaient leur origine que dans mon imagination un peu trop fertile, dans ma sensibilité ridicule de femme.

Non, je ne me concentre pas que sur le coté noir des choses. Non, je n’oublie rien des efforts consentis, ni des gestes posés. Mais cela n’efface en rien les marques portées, ni cette expérience à laquelle j’aurais préféré ne point gouter. Je ne suis pas de ces femmes qui aiment à jouer les martyrs. Je ne suis pas de ces femmes tentant tout rien que pour un sourire. Mais il est vrai que tu as du me confondre avec elles de part mon apparente soumission et ma passivité. N’ayant guère sentie le besoin d’être agressive, je t’ai sans doute donné une image fausse de celle que je suis, celle que j’ai toujours été, en tout temps et face à tous. Je me suis en effet sous estimée, te portant toi aussi à le faire. En cela, je suis tout autant fautive que toi.

« Agis en adulte et reprends toi ! »… Ainsi soit-il ! Ainsi en sera-t-il donc ! J’agirai donc en adulte et me reprendrai en main ! Ne t’en inquiète guère ! Je te rendrai fier ! A chacun ses priorités ! Alors moi, je redeviens la mienne !

Une affaire de choix

Ecoute !… Qu’entends-tu ? Est-ce ma voix ou mon cœur ? Est-ce mon rire ou mes pleurs ? Ecoute ! … Qu’attends-tu ? Que mes larmes me noient ou que mon cœur cesse de battre ? Que mon rire m’étrangle ou que je plonge en cadence ?

Je ne puis toujours taire ce tumulte qui me ronge. Je ne puis toujours garder silence. Il est quelque fois cet ennemi que je fuis. Il est tout autant cet ami près de qui je me blottis quand  tombe la nuit. Le silence m’étouffe, pourtant est-ce si lâche d’y avoir recourt quand la corde lache et que je me retrouve comme un compte-à-rebours? Le silence me tue, mais n’a-t-il pas plus de charmes que ces demi-mots rompus, poignards déguisés dans une chair deja blessée?

Tout est une affaire de choix. Conscient ou non, volontaire ou non. Tout a une priorité, et là on ne peut parler de hasard ou de choix inconscient dans l’attribution des rangs. On peut choisir le silence et l’acceptation. Mais jusqu’à quand? Le désir d’être reconnu et validé fait-il de nous des êtres puérils et instables? Le besoin de se savoir particulier et spécial doit-il vraiment n’être que caprice et faiblesse? Si tel est le cas, alors le monde vogue tout bonnement à sa perte. Autant se creuser une cave et simplement oublier d’être!

Silence meurtrier

Certains non-dits font plus mal que des vérités admises…
Certains silences et sous-entendus, certains mots qui se forment à notre insu, par habitude, inattendus…
Certains regards de surprise, de bêtises dévoilées, de mensonges mal couverts, de rituels à couvert…
Des fois, faut savoir accepter les « au revoir », les cassures, les ruptures…
Des fois, ils s’imposent d’eux-mêmes à force de cachoteries, de ressentis, de chamboulements, de blessures…
Certains non-dits… Certaines questions demeurées sans réponses…
Certaines habitudes qui s’envolent…
Certains choix qui s’imposent…
La larme une fois séchée
Il ne reste plus qu’à l’assumer

Moi…

Je me suis tu quelques temps
Me donnant l’espace
Me donnant le temps
De faire face
De faire place.
Je me retrouve petit à petit
Acceptant pas à pas mon parcours
Je pleure quand il le faut
Hurle quand mon trop plein m’embrouille
Caresse ma solitude comme une amie d’enfance
Souris à mon miroir en guise d’au revoir
Je ne me cache plus mon mal
J’embrasse même mon trouble
Je retrouve peu à peu mon chemin
Je me réconcilie avec mon corps
Renoue mes liens d’amitié avec mon âme
Je suis celle que je choisirai d’être
Celle qui fut
Qui est
Qui sera
L’immortelle
Moi

Tous les mêmes

La société nous sépare, mais nos “hommeries” nous rapprochent. Nous ne sommes en rien différents les uns des autres si nos essences se comparent. Nos essences? Non! Si “Notre” essence est prise en compte. Nous sommes tous identiques, modelés à un moment ou à un autre par des circonstances nous ayant marqués. Nous provenons de la même source, du même moule, peu importe le nombre de paramètres externes que nous tentons de prendre en compte afin de justifier notre semblant d’importance.

Nous aspirons tous à la même chose, même si notre définition à chacun prend des teintes plus ou moins nuancées selon notre lieu d’origine et notre appartenance. Nous vivons tous avec une crainte mêlée d’Esperance inexpliquable et inexpliquée. Nous sommes tous des êtres endormis jusqu’ à ce que La Vie fasse son entrée et nous secoue vers l’éveil quelque fois brutal certaines fois à la vraie existence. Nous nous savons appelés à autre chose, comme si cette existence que nous menons n’était que passage obligé vers un au-delà que nous désirons et craignons à la fois.

Nous espérons, souffrons, tremblons de peur… ce mélange n’étant que normal car il nous a fallu laisser notre meilleure partie à l’abri afin de faire face à cette aventure terrestre jusqu’à devenir l’Etre digne de s’unir à son Essence. Nous faisons tous semblant… Oui ! Semblant de vivre, de jouir de nos avantages, semblant d’être bien imbu de notre personne, semblant d’être fiers de notre superbe, semblant d’être dignes, semblant d’avoir le droit de nous sentir indignés par un apparent quelconque manque d’égards, semblant de nous savoir dans le droit… Mais la nuit venue, quand il ne reste plus personne, quand cette société que nous tentons d’épater se retire, quand nous enlevons réellement le masque, que reste-il vraiment ?…

La nouvelle porte

Il est tellement important de laisser certaines choses disparaitre. De s’en défaire, de s’en libérer. Il faut comprendre que personne ne joue avec des cartes truquées. Parfois on gagne, parfois on perd.

N’attendez pas que l’on vous rende quelque chose, n’attendez pas que l’on comprenne votre amour. Vous devez clore des cycles, non par fierté, par orgueil ou par incapacité, mais simplement parce que ce qui précède n’a plus place dans votre vie.

Cessez d’être ce que vous étiez et devenez ce que vous êtes…

Paulo Coelho.

Comme un crayon…

…. Mais il est pareil à tous les crayons que j’ai vus dans ma vie!

– Tout dépend de la façon dont tu regardes les choses. Il y a en lui cinq qualités qui feront de toi, si tu parviens à les garder, une personne en paix avec le monde.

Première qualité: tu peux faire de grandes choses, mais tu ne dois jamais oublier qu’il existe une Main qui guide tes pas. Cette main, nous l’appelons Dieu, Il doit toujours te conduire vers Sa volonté.

Deuxième qualité: de temps à autre je dois cesser d’écrire et utiliser le taille-crayon. Le crayon souffre un peu, mais à la fin il est mieux aiguisé. Par conséquent, sache supporter certaines douleurs, car elles feront de toi une meilleure personne.

Troisième qualité: le crayon nous permet toujours d’utiliser une gomme pour effacer nos erreurs. Comprends que corriger une chose que nous avons faite n’est pas nécessairement un mal, mais que c’est important pour nous maintenir sur le chemin de la justice.

Quatrième qualité: ce qui compte vraiment dans le crayon, ce n’est pas le bois ou sa forme extérieure, mais le graphite qui se trouve à l’intérieur. Par conséquent, prends toujours soin de ce qui se passe en toi.

Enfin, la cinquième qualité du crayon: il laisse toujours une marque. De même, sache que tout ce que tu feras dans la vie laissera des traces, et efforce-toi d’être conscient de tous tes actes.

Extrait de “Comme un Fleuve qui Coule”, Paulo Coelho

Il y a bien des jours comme ca
Ou tout semble aller de travers
Ou chaque mot est une blessure
Chaque geste une insulte
Chaque regard un coup de poignard
Ou nos pensees meme
Nous paraissent impures
Ou notre propre reflet
Nous fait fuir

Il y a bien de ces jours
Ou on se demande
A quoi bon exister
A quoi bon les efforts
A quoi servent les emotions
Que peuvent bien valoir
Les concessions

Mais faut-il bien de ces jours
Pour rentrer en soi
Et puiser a son essence
Se decouvrir soi-meme
Une force oubliee
Faut-il bien de ces jours
Pour vaincre les desillusions
Et nous permettre de croitre
L’oeil grand ouvert

Certaines Portes

Certaines portent s’ouvrent… Nous les regardons se refermer sans nous rendre compte qu’une part de nous mêmes, peut-être la meilleure, s’en va avec elles… Certaines portent se ferment… Nous nous empressons de mettre des poids afin de les garder entrouvertes sans avoir conscience qu’à travers elles viendra tout un univers d’angoisses par lequel nous risquerons même de perdre notre âme.

Certaines portes constituent la clef d’un avenir meilleur, non sans les peines de tous les jours, mais avec de quoi leur faire face: toute une gamme de souvenirs, de sourires, d’espérances, d’opportunités, de foi… Rares sont ceux sachant reconnaitre pareille ouverture… Et nombreux sont ceux restant figés devant l’emplacement de ces étoiles longuement envolées.

Certaines portent sont l’ouverture de l’antre de la bête déguisée en entrée du palais des mille et une nuits… Et nous tombons dans le piège oh combien facilement… Par dépit, par orgueil, par aveuglement, et même des fois par ce que nous croyons être sentiments purs…

Qu’importe la route choisie, la question demeure… L’âme est-elle en paix? Est-il jamais trop tard pour reprendre le chemin ou même rebrousser chemin s’il le faut vers son trésor?

Une certaine beauté…

J’ai demandé à la lune
Et le soleil ne le sait pas
Je lui ai montré mes brûlures
Et la lune s’est moquée de moi
Et comme le ciel n’avait pas fière allure
Et que je ne guérissais pas
Je me suis dit quelle infortune
Et la lune s’est moquée de moi

J’ai demandé à la lune
Si tu voulais encore de moi
Elle m’a dit “j’ai pas l’habitude de m’occuper des cas comme ça”
Et toi et moi
On était tellement sûr
Et on se disait quelques fois
Que c’était juste une aventure
Et que ça ne durerait pas

Je n’ai pas grand chose à te dire
Et pas grand chose pour te faire rire
Car j’imagine toujours le pire
Et le meilleur me fait souffrir

J’ai demandé à la lune
Si tu voulais encore de moi
Elle m’a dit “j’ai pas l’habitude de m’occuper des cas comme ça”
Et toi et moi
On était tellement sûr
Et on se disait quelques fois
Que c’était juste une aventure
Et que ça ne durerait pas

[ Indochine, J’ai Demande A La Lune  – Paroles sur http://www.parolesmania.com/ ]

Au point de l’enfance

Il suffit d’un rien pour que notre monde perde sa balance. J’ai eu hier une conversation avec l’une des rares personnes que j’ose nommées « amie ». Cela m’a bouleversée à un niveau auquel je ne m’attendais point. Cela a fait revenir tout un lot de questions, de doutes, d’angoisses, de regrets, de joies déguisées aussi (faut bien l’admettre, rien n’est jamais noir ou blanc ; je l’ai retenue cette leçon).

La vie à deux, qu’elle soit platonique ou amoureuse, la vie à deux est un labyrinthe duquel on sort soit plus fort, soit en mal de son essence, en mal du sens de la vie, en mal d’un « tout » inconnu. Vivre, interagir avec l’autre… Cela semble si simple, si incontournable, si gravé dans notre code génétique que nous ne nous rendons même pas compte des chaînes, des entraves qui se mêlent de la partie à notre insu. Interagir avec l’autre, accepter de créer ce pont entre son monde et le nôtre, décider de détruire ce mur opaque pour un semblant de transparence, choisir de s’ouvrir à de multiples chamboulements rien que dans l’espoir de trouver ce « tout » dont tout le monde parle, ce tout inscrit dans notre être bien avant la naissance, ce tout dont nous ignorons tout mais espérons tant… Nous faisons fi des alarmes, fi des signaux, fi des feux nous avertissant d’un imminent danger, nous faisons fi même de nos propres douleurs … mais il arrive un temps où la fosse est pleine, un temps où il faut bien se mettre à l’évidence, un temps où les expressions tels « pourquoi, comment, peut-être, et si, j’aurais du/pu » prennent un tout autre sens.

Faut-il vraiment atteindre ce trop-plein pour atteindre l’éveil ? Faut-il vraiment ne se trouver que devant le fait accompli pour comprendre, apprendre et agir ? La vie ne peut-elle être simple ? Pas simple au point de nous rendre fous, mais simple au point où un sourire reste un sourire, simple au point où une main tendue ne voile pas une agression, simple au point où chaque mot n’est pas à retourner dans tous les sens pour trouver un double-sens, simple comme au point de l’enfance…

La vie à l’envers

On devrait vivre sa vie à l’envers

Commencer par mourir, ça éliminerait ce traumatisme qui nous suit toute notre vie.

Se réveiller dans un hospice, puis se faire expulser pour bonne santé

Travailler, jusqu’à devenir assez jeune pour profiter de la vie

Faire la fête, aller au lycée, au collège.

Puis devenir bébé.
Passer 9 mois tranquilles à flotter.

Et pour finir…
Quitter ce monde dans un orgasme.

Woody Allen

Nos maux

Nos maux ne sont que le reflet de notre gangrène de cœur.

Combien de fois avons-nous pleuré, regrettant une souillure faite à notre âme ? Combien de fois nous sommes nous laissés ronger par le ver du remord, nous croyant trop perdus pour oser garder espoir.

Nos maladies de corps ne sont rien de plus que les signes visibles de notre âme en détresse, de notre cœur en sang, de cris retenus au fils des ans, d’amours meurtris, de déceptions répétées, de coups de glaives à même la peau, de ronces encore présentes et faisant couler notre essence.

Nos maladies ne sont pas que simples marques physiques provoquées par le temps, l’âge et les saisons. Nos maladies sont ces sourires éteints, ces rires étouffés, ces instants de joies profondes violées par l’absence de pureté, cette pureté noyée par les cris d’un monde déchainé.

Ironie et Sarcasme

Tête-à-tête entre moi… et moi

A un moment de son existence, à un certain carrefour, on se rend compte que la vie, SA vie, était truffée de mensonges et de faux-semblants.

Tous les prétextes étaient bons pour se justifier, surtout devant le miroir, de ces bêtises que nous prenions pour des vérités absolues. Des amours qui n’en étaient pas, mais que notre obstination maladive nous portait à nourrir. Des gestes posés par pur orgueil et même par idiotie,  mais que nous déguisions par un masque de nonchalance refusant de nous voir dans le tord. Des exploits qui n’en étaient pas, mais que nous habillions de sorte à nous donner bonne conscience. Des causes dites justes ou des envies injustifiables dont seuls nos yeux aveugles pouvaient déceler une beauté ô combien discutable. Des crises ignominieuses, des colères dévastatrices! et pourquoi?! Pour des chimères que notre libre arbitre dénaturé nous portait à considérer comme primordiales.

Oui! Il est un jour où “fuir” prend une toute autre signification, où “se cacher” prend une autre connotation. Il est de ces jours où l’ironie et le sarcasme de nos tours de passe-passe tantôt jugés des plus astucieux nous frappent en plein visage. Certains demi-mots ou demi-vérités font si mal… mais il n’y a pas pire que d’être soi même l’instigateur de sa propre chute tout en se voilant la face par de bêtes excuses et de piètres justifications.

A ce fameux carrefour donc, il n’y a plus de retour possible et les avancées semblent si troubles que même la buée la plus épaisse nous paraitrait moins dense. On avance alors à l’aveuglette, n’apprenant que fort tard et par la force des choses ces éléments de survie dont nous faisions fi au printemps de notre vie. Dans le tard, mais fort tard, nous apprenons que tout et rien dépend de chacun de nos pas posés, même sans en avoir conscience. Il faut payer le prix de chaque gourde, de chaque larme provoquée, de chaque chaine brisée par notre semblant désir de justice, de chaque bouffée d’air que notre suffisance happait à une existence trouvée indigne par notre trop plein de nous-même; de chaque cicatrice infligée… et pas qu’à autrui! Les fissures à notre moi, à notre âme, à notre essence… ces fissures là sont au plus haut prix et peuvent même nous donner l’impression de mourrir. Une certaine mort à soi, pour certains un nouveau départ et pour d’autre une fin assurée. Question de perspective!

Et c’est à ce moment là, rien qu’à ce moment là, que nous découvrons qui nous sommes vraiment, au delà du nom porté, de la famille d’origine, de notre richesse ou de notre pauvreté. A ce carrefour, le tête-à-tête ne saurait être évité, ni même retardé. A ce carrefour où notre nature est mise à nue, l’errance prend fin et enfin commence ou s’achève le vrai voyage. Encore question de perspective.

Qui?!…

Qui verra
Pour ce qu’elles sont vraiment
Les marques des annees passees
Sillonant l’univers de peau
Comme autant de toiles d’araignee
Entre les branches des arbres

Qui pourra
Etreindre l’angoisse et la faire sienne
Changer son trajet vers autre lieu
La transformer en une danse
Procurant paix et serenite

Qui voudra
Aller au dela de ces apparences
Dressees comme des murs
A l’entree d’une vie a peine eclose
Qui pourtant semble deja fletrir

Qui entendra
Le silence de la bete en cage
Sauvage et pure en son essence
Denaturee par les chaines
Aveuglee par des nuages de souffrance

Ironie et sarcasme
Font le poids sur la balance
Le temps saura peut etre
Apaiser la brulure de la quete
Et les astres d’antan
Ranimer la lueur vacillante
D’une vie etouffee

Extrait de “Ironie et Sarcasme”.

A Ma Mère

Je suis désolée
Désolée d’avoir été ingrate
Désolée d’avoir cru en savoir plus
Désolée de m’être des fois oubliée
Désolée de m’être égarée
Désolée de t’avoir souvent fait pleurer
Désolée d’être souvent l’origine de tes angoisses
Désolée de te donner certaines fois l’impression de ne point apprécier ta présence
Désolée d’utiliser les mots qu’il ne faut pas
Désolée de ne pas toujours être à la hauteur de tes espérances
Désolée de ne pas toujours mériter ta confiance
Désolée d’avoir été bien des fois à l’encontre de tes enseignements
Désolée des silences
Désolée des secrets, des souffrances, des larmes, des propos déplacés.

Et aussi…

Merci d’être la personne, après Dieu, sur qui je peux compter en tout temps et en tout lieu.
Merci d’être ma boussole, mon guide, mon ange gardien
Je ne le dis pas souvent
Je ne le montre pas souvent
Mais tu comptes plus que tout ce que j’ai pu réaliser de beau, plus que tous ceux que j’ai pu rencontrer.
Merci d’être mon modèle de courage, de foi, de persévérance et d’amour inconditionnel.

Avec amour

Ta fille

A travers mon desert…

J’ai effectué en peu de temps un voyage entre le ciel et l’enfer… J’ai découvert une page d’histoire dans une quête de moi-même… La quête d’une réponse, la quête d’une question voilée, inavouée, détournée… La quête d’un comment, d’un pourquoi, d’un quand…

Je ne me suis encore trouvée, je n’ai pas encore séché les larmes et encore moins tari la source. Je suis encore en plein mirage, en plein désert, en plein brouillard… J’espère! Simplement!

Patience me fut-il dit! Alors patience sera mon guide. Silence ai-je ressenti. Alors silence apprendrai-je… En plein désert, patience et silence me conduiront à la persévérance… Et alors peut être trouverai-je enfin ma liberté.

Extrait de “Ironie et Sarcasme”. Cliquez pour plus de détails.

Infinite

Pourquoi ne puis-je avoir cette vie qu’on dit normale
Ai-je une mission particuliere?
Est-ce que chaque larme, chaque cri, chaque soupir repond a un appel inconnu
A une predestination particuliere
A un voeu antique
Serais-je une divinite egaree
Une royaute eloignee de son trone
Enlevee des la nuit des temps
Condamnee a ne point connaitre
Ma vraie identite
Mon authenticite
Ou serais-je un etre magique
Dont l’epreuve consisterait
A prouver mon appartenance
Au dela de l’oubli de mes origines

Effet papillon

On a tous entendu parler à un moment ou à un autre de l’effet papillon. On s’imagine, sans peine, un grand et grave phénomène demandant des années, voire toute une vie même, d’études approfondies, de sage solitude, de débats entre les maitres et professeurs de ce monde. N’est-ce pas! Ironiquement, ce phénomène, cet effet papillon, se reflète chaque jour dans les actes banals de notre quotidien.

Un “je t’aime” provoque de ces bouleversements dont l’impact peut s’étendre sur des années et même des générations.

Un “va-t’en” laisse autant de répercussions qu’une bombe atomique, si ce n’est pire puisque ces dernières ne sont guère visibles à l’oeil nu, mais ronge de l’intérieur.

Un rejet brise bien des fondations et une embrassade, même platonique, forge des ponts inattendus.

L’effet papillon? Nous le vivons chaque jour dans nos choix, dans nos décisions de faire ou de ne pas faire, de dire ou de ne pas dire, de rester ou de partir. J’ai lu quelque part que le poids des mots dépasse même celui du plus lourd bâtiment crée par l’homme. Il y va donc de même pour l’effet ou le chamboulement que nous provoquons chez un être, peu importe la nature.

L’effet papillon est lié à ces fameux complexes, à notre distribution des priorités, à nos choix conscients et inconscients.

L’effet papillon? Ce n’est pas juste la détérioration de notre air, de notre terre, de nos forets, des espèces en voie de disparition.

L’effet papillon est ce poignard invisible que nous enfonçons dans le coeur et quelque fois dans l’âme même d’un autre être, l’empêchant de grandir, le plongeant dans le noir. L’effet papillon est ce baiser, ce sourire, ce doux regard faisant passer le message que l’autre est important et a de la valeur peu importe le lieu, peu importe le temps ou la nature des liens.

 

Eveil…

Notre existence est faite de carrefours, fête de carrefours, de ces carrefours d’où larmes, rires, peurs, angoisses, béatitudes émergent tous pêle-mêle, de manière inattendue ou encore comme la conséquence logique de nos actes.

Nous sommes  néanmoins toujours surpris… Surpris de la joie qui nous envahit et nous fait chanter des notes jusque là inconnues. Surpris de l’angoisse qui nous tenaille même si la plupart du temps nous lui avons volontairement ou non donné naissance.

Notre existence est la Beauté faite chair, peu importe les facettes, peu importe les tournants. Elle nous apporte toujours quelque chose de différent. A nous donc d’être à l’écoute et d’en tirer la leçon nécessaire, le cadeau caché, le mot de passe approprié

(Archives de 2012)

Deux faces

Je suis du genre à pleurer en regardant un film, trop sensible face aux émotions décrites

Je suis du genre à croire sur parole, trop humaine pour oser penser que certaines histoires puissent être inventées

Je suis du genre à me mettre en quatre pour créer même à mains nues un baume pour une âme en peine, sans doute trop aimante dans un monde de faux

Je suis tout aussi du genre à mettre des barrières, rompre les liens, couper les ponts et tout ce qui vient avec une fois que cette voix me dit qu’assez, s’en est plus qu’assez.

Metamorphose

Certaines personnes entrent dans notre vie… et nous nous imaginons, perdus dans l’euphorie de la découverte, que ces personnes-là ne sauraient nous laisser. Il nous semble impossible que ces personnes-là, ces êtres si spéciaux, ne resteraient pas à nos côtés en tout le lieu, en tout temps. Nous ne pouvons même oser penser que ces âmes, en apparence si pures, nous abandonneraient pour voguer vers d’autres cieux, vers d’autres lieux, vers d’autres iles où nous ne serions que… des hologrammes, des souvenirs d’un temps, un passé à oublier, une tranche d’histoire à mettre de côté…

Mais la vie continue n’est-ce pas ? Il nous faut bien faire face à la réalité telle qu’elle est. Les êtres changent et cela inclut notre propre personne. Les rêves varient et cela inclut aussi les nôtres.  Aussi croisons-nous de ces « particuliers » nous semblant si superficiels qu’il nous semble folie d’en chercher un quelconque appui… Et ils se révèlent pièce maitresse d’évènements inattendus, des gardiens insoupçonnés, malgré leurs cicatrices et le nuage sombre les parant de cet air mystérieux les rendant si impénétrables.

Au-delà des regards, au-delà de ce que nos yeux peuvent voir. C’est bien là le piège. Un prince peut se révéler démon… et un mendiant peut cacher une noblesse sans pareille.

L’existence est comme une vague, toujours changeante, jamais stable, d’humeur capricieuse. Faire face à ces délaissements, à ces « révélations » nous force à forger de ces traits qui nous dénaturent … ou nous permettent de découvrir qui nous sommes au-delà des apparences.

Tout dépendra de notre choix. Grandir ? Ou nous morfondre ? Mûrir ? Ou mourir à petit feu ?